veau


veau

veau [ vo ] n. m.
• fin XIIe; vedel, veelXIIe; lat. vitellus
1Petit de la vache, pendant sa première année, qu'il soit mâle ou femelle. Veau nourri au lait, au fourrage ( broutard) . Après un an, le veau mâle s'appelle bouvillon, taurillon, le veau femelle génisse.Veau sous la mère, qui tète sa mère. Veau de batterie.
2Loc. (allus. au repas et à la fête donnés en l'honneur du retour de l'enfant prodigue) Tuer le veau gras : faire un festin à l'occasion de réjouissances familiales. — Pleurer comme un veau, en sanglotant bruyamment.
(1485; veel d'or v. 1170) Le veau d'or : idole d'or adorée par les Hébreux. Loc. Adorer le veau d'or : avoir le culte de l'argent.
Veau marin : phoque.
3(XVe) Viande de cet animal (viande blanche), vendue en boucherie. Morceaux de veau. bajoue, collet, côte, 2. fraise, jarret, 1. longe, noix, 2. quasi, 3. ris, rouelle, tendron. Escalope, côte, foie, grenadins, pied, rôti, tête de veau. Paupiettes de veau. Veau marengo. Blanquette de veau.
4(1537) Peau de cet animal (ou de génisse), tannée et apprêtée. 1. box, vélin. Sac en veau retourné (peau suédée).
5Fig. (1480) Fam. Nigaud, paresseux. « Un garçon de vingt-quatre ans qui ne fiche rien ! [...] Regardez-moi ce grand veau » (Aymé). Faire le veau : être dans une attitude avachie.
(1901) Mauvais cheval de course.
(1917) Automobile peu nerveuse.
⊗ HOM. Vau, vaux (val), vos (votre).

veau nom masculin (latin vitellus) Petit de la vache. Chair de cet animal. Peau brute provenant de la dépouille d'un jeune bovin. Familier. Personne lourde de corps ou d'esprit. Familier. Véhicule lent qui n'a pas de reprises. Partie supérieure de la ferme d'un cintre supportant tout ou partie d'une voûte pendant sa construction. ● veau (citations) nom masculin (latin vitellus) Paul, dit Tristan Bernard Besançon 1866-Paris 1947 On tuait le veau gras et l'on faisait la noce. Et la vache disait : « Ça va bien ! ça va bien ! Ces gens qui retrouvent leur gosse Commencent par tuer le mien. » Contes, Répliques et Bons Mots Livre-Club du Libraire Jules Barbier Paris 1825-Paris 1901 et Michel Carré Paris 1819-Argenteuil 1872 Le veau d'or est encor debout ! Livret de Faust (opéra de Gounod) Jean de La Fontaine Château-Thierry 1621-Paris 1695 […] Adieu veau, vache, cochon, couvée. Fables, la Laitière et le Pot au lait Michel Eyquem de Montaigne château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1592 En quelque manière qu'on se puisse mettre à l'abri des coups, fût-ce sous la peau d'un veau, je ne suis pas homme qui y reculasse. Essais, I, 20 François Rabelais La Devinière, près de Chinon, vers 1494-Paris 1553 Ce disant, [Gargantua] pleurait comme une vache, mais tout soudain riait comme un veau. Pantagruel, 3 Pétrone, en latin Caius Petronius Arbiter ? -Cumes 66 après J.-C. Celle qui l'a porté veau, peut aussi le porter taureau. Quae tulerit vitulum, illa potest et tollere taurum. Satiricon, chap. 25 Commentaire Allusion à Milon de Crotone, qui s'était exercé chaque jour à porter un veau sur une longue distance. Son entraînement lui permit de le porter encore quand le veau eut atteint la taille d'un taureau. ● veau (expressions) nom masculin (latin vitellus) Familier. Crier, pleurer comme un veau, pousser de grands cris, pleurer à chaudes larmes. Le veau d'or, l'idole que les Hébreux adorèrent au pied du mont Sinaï ; symbole de la richesse, de l'argent. Tuer le veau gras, faire de grandes réjouissances de table à l'occasion d'un événement remarquable. Veau marin, phoque des régions tempérées des océans des deux hémisphères. ● veau (homonymes) nom masculin (latin vitellus) vau nom masculin vaut verbe vaux verbe vaux nom masculin pluriel vos adjectif possessifveau (synonymes) nom masculin (latin vitellus) Partie supérieure de la ferme d'un cintre supportant tout ou...
Synonymes :
- vau

veau
n. m.
rI./r
d1./d Petit de la vache, âgé de moins d'un an.
Veau de lait, qui tète encore sa mère, ou que l'on nourrit de lait et de farines pour lui donner une chair blanche.
|| Loc. Tuer le veau gras (par allus. à la parabole de l'enfant prodigue): faire une fête, un grand repas de famille.
d2./d Chair de veau.
d3./d Cuir de veau et, par ext., de bouvillon ou de génisse. Sac en veau.
rII./r Veau marin: phoque qui vit dans les mers du nord de l'Europe.

⇒VEAU, subst. masc.
A. — 1. ZOOL. Petit de la vache (mâle ou femelle) avant son sevrage à un an. Le veau beugle, meugle, tète sa mère; veau mort-né. Quatre veaux broutaient l'herbe bien verte sous l'abri des arbres (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Abandonné, 1884, p. 470). V. bœuf ex. 1.
Rem. Après un an le veau femelle s'appelle génisse et le mâle, bouvillon ou taurillon.
ÉLEV. Veau de boucherie, d'élevage; veau fermier; veau (élevé) sous la mère; veau de rivière (v. ce mot II A 1). Veau de lait. Veau élevé principalement au lait de vache. La petite fille, une main au cou d'un veau de lait attaché au râtelier, ignorant s'il tétait encore ou non, lui offrait de l'autre une poignée d'herbe (PESQUIDOUX, Livre raison, 1932, p. 173).
2. Expr. et loc.
a) P. compar., fam.
Pleurer comme un veau. Var. brailler (pop.), chialer comme un veau (fam.).
Être étendu comme un veau. Être vautré. Synon. être avachi. Il est étendu comme un veau sur son lit, et pleure comme une Madeleine (BALZAC, E. Grandet, 1834, p. 113).
Saigner comme un veau. Saigner abondamment (comme un veau à l'abattoir). L'embêtant, c'est que je saigne comme un veau (MALRAUX, Conquér., 1928, p. 141).
b) Loc. nom., fam.
Yeux de veau. Gros yeux globuleux et inexpressifs. Les paupières de Lucien battirent trois fois sur ses bons yeux de veau (H. BAZIN, Huile sur feu, 1954, p. 200).
Tête, air, figure... de veau. [Pour qualifier un visage épais aux traits inexpressifs] C'est une tête de veau sur un corps de porc (BALZAC, Goriot, 1835, p. 198). P. méton. « Pourquoi, le savez-vous, m'a-t-elle amené sa tête de veau? » Elle parlait du mari, qui a de très grandes prétentions physiques (GONCOURT, Journal, 1878, p. 1261).
En interj. [Terme d'injure] Le Cocher: Paquet!... Outil!... Tête de veau! La Brige, qui, en effet est chauve: J'ai la tête d'un veau, mais vous en avez l'âme (COURTELINE, Client sér., Mauv. cocher, 1893, p. 217).
c) Loc. verb. fig. Prendre la vache et le veau.
d) P. allus. littér. ou biblique
Adieu, veau, vache, cochon, couvée.
Tuer le veau gras. [P. réf. à la parabole de l'enfant prodigue (Luc, 15)] Faire un festin en l'honneur d'une personne qui revient après une longue absence, ou simplement à l'occasion d'une réunion familiale ou amicale. Il s'était dit qu'il tuerait le veau gras le jour de mon retour: en effet, son déjeuner fut splendide (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 148).
Le veau d'or. [P. réf. à la statue érigée par les Hébreux au pied du Mont Sinaï et qu'ils vénéraient comme une idole (Exode, 32)] Puissance de l'argent, des richesses. L'oncle Charles révisa ces catéchismes d'avarice et d'usure. On n'avait jamais vu cela, un banquier contre le veau d'or (GIRAUDOUX, Bella, 1926, p. 28).
Adorer, sacrifier, rendre un culte au veau d'or. S'abaisser devant un personnage puissant ou riche; céder aux puissances de l'argent. Tout en convoitant les millions, il ne s'était pas abaissé à les courtiser; s'il avait, lui aussi, sacrifié au veau d'or, il l'avait fait sans incliner le front ni ployer le genou (SANDEAU, Sacs, 1851, p. 38).
3. P. méton.
a) BOUCH., ART CULIN. Viande de cet animal, pouvant être accommodée de nombreuses manières. Manger du veau. Côte, côtelette, épaule, escalope, jarret, longe, noix, ris, rouelle, tendron de veau; veau rôti; veau marengo; blanquette, paupiettes, sauté de veau. Grandcassis: Qu'est-ce que vous avez?... Le Traiteur, avec volubilité: Tête de veau, foie de veau, poitrine de veau, oreilles de veau, mou de veau, pieds de veau, queue de veau... Bouchencœur: Mais c'est un veau complet! (LABICHE, Noces Bouchencœur, 1857, I, 2, p. 138). Il fallait à Beethoven son rôti de veau tous les mardis, faute de quoi il se mettait dans une colère noire (ABELLIO, Pacifiques, 1946, p. 364). V. bœuf ex. 7.
Bouillon de veau, eau de veau. Eau dans laquelle on a fait bouillir une pièce de veau et à laquelle on attribuait naguère des vertus curatives. Tant qu'il y aura de la fièvre, on ne donnera que des bouillons de veau ou de poulet (GEOFFROY, Méd. prat., 1800, p. 411).
Tête de veau.
b) MAROQ., PEAUSS., TANN. Peau d'un jeune bovin (veau ou génisse) tannée et corroyée et dont la surface est lisse et brillante. Veau granité, marbré, poli, teinté, velours; peau de veau tannée au chrome. On me vit arriver, à sept heures du matin, avec ma très-petite valise en veau fauve sous mon bras (JOUY, Hermite, t. 4, 1813, p. 7). Il marchait si difficilement qu'il gardait des souliers en veau d'Orléans par toutes les saisons (BALZAC, U. Mirouët, 1841, p. 33).
RELIURE. Synon. vélin. Volume relié en veau (fauve, jaune, plein). Aujourd'hui une reliure pleine en maroquin, en chagrin ou en veau est une reliure de luxe, c'est un travail de maroquinerie (Civilis. écr., 1939, p. 12-3).
B. — P. anal.
1. ZOOL. Veau (marin). Mammifère marin des régions tempérées dont la tête évoque celle d'un veau. Synon. phoque. V. ce mot A 1 rem. et ex. de Verne.
PEAUSS. Peau de phoque tannée utilisée dans la fabrication de vêtements, chapeaux ou chaussures. Deux casaques, l'une de peau de cygne, l'autre de peau de veau marin, enveloppoient leur corps (CHATEAUBR., Natchez, 1826, p. 418).
2. CHARPENT. Résidu ou partie ventrue qui se détache d'une pièce de bois lorsqu'on la cintre. Pour l'exécution des baies cintrées, les cintres se composent de pièces rendues courbes à l'extérieur par une levée qui s'appelle un veau (E. ROBINOT, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 2, 1928, p. 30).
3. GLACIOL. ,,Fragment de glace flottant sur une masse d'eau à la suite d'un vêlage, d'un banc de glace ou d'un iceberg`` (VILLEN. 1974).
C. — P. anal., fam., péj.
1. Personne paresseuse, sans énergie et souvent stupide. Un grand veau. Pourquoi fallait-il précisément ce gros veau plein de sale bière et d'alcool pour que ce miracle s'accomplît? (SARTRE, Nausée, 1938, p. 221).
Empl. adj. Paresseux, nonchalant. Sur ce, bonsoir. Dieu, que je suis veau! Je te laisse [à Flaubert] le titre de vache, que tu t'attribues dans tes jours de lassitude (SAND, Corresp., t. 5, 1867, p. 183).
En interj. [Terme d'injure] Synon. vache, cochon, salaud. Il se mit à brûler tout ce qu'il avait adoré, tout ce qu'il nous avait fait adorer, reniant ses amis, ses maîtres, ses dieux, bredouillant, ânonnant des imprécations nébuleuses: « Tous des veaux! Tous des cochons! Vous aimez ça, vous? Ça vous juge! Quelle misère! » (DUHAMEL, Terre promise, 1934, p. 100).
2. Cheval de course qui réalise de mauvaises performances. Synon. canasson, tocard. On admettait bien d'entendre un homme parler de son cheval comme d'un « veau », d'une « rosse » (...); mais, s'il arrivait jamais qu'il prononçât « ma bête », il se disqualifiait jusqu'à la fin de ses jours (LA VARENDE, Centaure de Dieu, 1938, p. 51).
3. Moyen de transport lourd, peu performant; en partic., automobile poussive, aux reprises lentes. Tiens, la nouvelle M. Peuh! un veau! Elle ne monte même pas à 200! (H. KUBNICK, Les Forçats du week-end, 1967 ds GILB. 1980).
REM. Viauper, verbe intrans., arg., vx. Crier, pleurer comme un veau. Le refrain recommença, plus ralenti et plus larmoyant, tous se lâchèrent, tous viaupèrent dans leurs assiettes, se déboutonnant le ventre, crevant d'attendrissement (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 590). V. cocarder ex. de Zola.
Prononc. et Orth.:[vo]. Homon. val (sous la forme plur. vaux), valoir (prés. de l'ind. 1, 2, 3 pers.), vos. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 vedel « petit de la vache jusqu'à un an » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XLIX, 10); 1re moit. XIIe s. veel « id. » (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, XXI, 12); fin XIIe s. veau (CONON DE BÉTHUNE d'apr. Lar. Lang. fr. cette attest. n'a pu être vérifiée); mil. XVe s. (Evangile des quenouilles, éd. M. Jeay, 1841, p. 128); d'où a) ca 1170 veel d'or « idole en or, représentant un veau, adorée par les Hébreux, alors que Moïse était sur le mont Sinaï » (Rois, éd. E. Curtius, III, XII, 29, p. 142); 1485 veau d'or (Myst. Vieux Testament, XXIX, 25482, éd. J. de Rothschild, t. 3, p. 355); 1690 id. « symbole de richesse » (FUR.); b) ca 1225 cras veel « veau engraissé pour être mangé » occire le cras veel « faire un régal pour fêter le retour de quelqu'un » (GAUTIER DE COINCI, Mir. de N.D., éd. V. F. Kœnig, I Mir 10, 1616); 1640 faire tuer le veau gras « id. » (OUDIN Curiositez); c) 1396 viaul de lait « veau qui tête encore sa mère » (10 mars, Invent. de meubles de la mairie de Dijon, A. Côte-d'Or ds GDF. Compl.); 1660 veau de lait (OUDIN Esp.-Fr.); d) fin XVe s. hurler comme ung veau (Le « Mystère de la Passion » de Troyes, éd. J. Cl. Bibolet, t. 1, 3905); 1531 rire comme un veau (RABELAIS, Pantagruel, éd. V.-L. Saulnier, III, 27); 1606 pleurer comme un veau (La Rencontre merveilleuse de Piedaigrete avec maistre Guillaume, 6 (s.l.) ds QUEM. DDL t. 19); e) 1532 veaul de disme « gros lourdeau » (RABELAIS, op. cit., IX bis, 92); 1872 veau de dîme « veau très gras, qui était choisi de préférence pour payer la dîme aux églises » (LITTRÉ); 2. a) 1205-50 parchemin de veel « parchemin fait avec la peau tannée et corroyée du veau ou de la génisse » (Renart, éd. E. Martin, XXIII, 1141); b) 1462 peau de veau (VILLON, Testament, éd. L. Thuasne, 698); 1537 en veau (B. DES PÉRIERS, Cymbalum mundi, Dialogue Premier ds Œuvres françoises, éd. L. Lacour, t. 1, p. 318); 3. 1480-90 « viande de cet animal utilisée pour l'alimentation » un beau pasté de veau (GUILLAUME COQUILLART, Monologue des Perrucques, 69 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 321); cf. 1585 un grand plat garny de bœuf, mouton, veau, et Lard (N. DU FAIL, Contes et discours d'Eutrapel, XXII ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 2, p. 162); 4. 1480 fig. et fam. « personne niaise, paresseuse ou encore indolente et veule » ung sot ou ung veau! (GUILLAUME COQUILLART, Nouveaulx Droitz, 154, p. 136); cf. 1485 A! que tu es veau (Myst. Vieux Testament, XLIII, 46332, t. 6, p. 89); 1654 étendu comme un veau (SCARRON, Virgile travesti, éd. V. Fournel, III, p. 143); 5. 1538 zool. veau de mer (EST.); 1562 veau marin (DU PINET, trad. Hist. du monde de C. Pline Second, Lyon, Cl. Serreton, livre IX, chap. 13, t. I, p. 346; livre XI, chap. 37, t. I, p. 446); 6. a) 1551 « partie d'un champ labouré que le soc de la charrue n'a point atteint » les mottes ou veaus et lieus non labourés (COTEREAU, Colum., II, 4 ds GDF. Compl.); d'où 1842 « partie d'un champ où le blé n'a pas poussé » (Ac. Compl.); actuellement région. (FEW t. 14, p. 546a); b) 1701 « chute, déchet de bois qu'on enlève » (FUR.); 7. a) 1901 arg. « cheval qui court très mal » (arg. de Saint Cyr et des turfistes d'apr. ESN. 1966); b) 1919 « hydravion, c'est-à-dire lourd et massif appareil » (E. VEDEL, Quatre ans de guerre sous marine, Paris, Plon Nourrit, p. 302); d'où 1935 « voiture qui manque de reprise; moteur poussif » (SIMONIN, J. BAZIN, Voilà taxi! p. 223). Du lat. class. « petit veau » moins usuel que « veau ». Fréq. abs. littér.:808. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 822, b) 1 397; XXe s.: a) 1 703, b) 961. Bbg. QUEM. DDL t. 5, 9, 17, 19, 38.

veau [vo] n. m.
ÉTYM. Fin XIIe; vedel, veel, v. 1120; du lat. vitellus.
———
I
1 Petit de la vache, pendant sa première année, qu'il soit mâle ou femelle (et éventuellement tué entre trois et sept mois). || Veau nourri au lait, au fourrage ( Broutard). || Après un an, le veau mâle s'appelle bouvillon, taurillon, le veau femelle génisse. || La vache a fait son veau. Vêler. || Veau mort-né.Veau fermier, qui tète sa mère (syn. : veau sous la mère); veau de batterie (élevé en groupe, tué à trois mois). || Veau de rivière ( Rivière, II.). || Une vache et son veau (→ Étable, cit. 2). || « (…) adieu veau, vache, cochon, couvée » (→ Sauter, cit. 1, La Fontaine).
0.1 Il est dans mon petit hameau
Trois grand'merveilles de la faune,
trois doux trésors de petits veaux,
tous les trois blancs marqués de jaune.
Paul Fort, les Petits veaux d'Haizettes, in Paul Fort, éd. Seghers, p. 142.
Loc. (Bouch.). || Veau blanc. || Veau rose.
0.2 Il m'expliqua une fois de plus que Paris réclamait du veau blanc. Le veau blanc, en terme de boucherie, ça ne pouvait être qu'une bête très jeune soumise au préalable à une journée d'obscurité et de diète hydrique.
Pierre Gascar, les Bêtes, p. 53.
Loc. Tuer le veau gras (par allus. au repas et à la fête donnés en l'honneur du retour de l'enfant prodigue) : faire un repas en l'honneur de qqn, des réjouissances familiales.
1 Cherchez dans nos étables le veau le plus gras, tuez-le; préparez un festin de joie, car le fils que je disais mort est vivant.
Gide, le Retour de l'enfant prodigue, I.
(1606, crier comme un veau, in D. D. L.). Pleurer comme un veau, en sanglotant bruyamment.Par plais. || « Gargantua riait comme un veau et pleurait (cit. 1) comme une vache » (Rabelais).
2 Les anciens vers que vous m'envoyez m'ont tellement ému que j'en ai pleuré comme un veau (…)
Flaubert, Correspondance, 1911, nov. 1879.
Geindre, crier comme un veau, comme un veau qu'on égorge.
2.1 Dès qu'il aperçut son colonel, il se mit à geindre comme un veau qu'on mène à l'abattoir en criant : Mon col'nel, mon col'nel, on r'fuse d'me soigner, on veut m'faire mourir.
G. Frison, les Aventures du colonel Ronchonot, 1885, p. 614, in D. D. L., II, 17.
Prov. (vx). Changement d'herbe réjouit les veaux : les jeunes gens aiment le changement.
Faire le veau (→ Asseoir, cit. 30) : s'étendre, se prélasser nonchalamment. Avachir, vache. || S'étaler comme un veau.
Veau d'or : idole d'or adorée par les Hébreux. — ☑ Fig. Adorer le Veau d'or : avoir le culte de l'argent, de la richesse (→ Adorer Mammon). || « Depuis le Sinaï, le Veau d'or est le dieu du genre humain » (Proudhon, in P. Larousse). || « Le Veau d'or est encor debout; On encense Sa puissance D'un bout du monde à l'autre bout ! » (Barbier et Carré, livret du Faust de Gounod, II, 4).
2 Viande de cet animal (viande blanche), vendue en boucherie. || Morceaux de veau. Bajoue, collet (I., 1.), côte, fraise, jarret, longe, noix, 2. quasi, 3. ris, rouelle, tendron. || Escalope, côte, foie, pied, rôti, tête de veau. || Paupiettes de veau. || Veau marengo. || Blanquette de veau.
3 On ne sait pas assez que la moitié de l'Europe est privée de beefsteaks et de côtelettes passables, et que le veau domine dans certaines contrées avec une déplorable uniformité.
Nerval, Voyage en Orient, Introd., V.
Fond (IV., 9.) de veau.
3 (V. 1480). Peau de cet animal (ou de génisse), tannée et apprêtée. Cuir, box-calf, vélin. || Veau velours, veau retourné. Daim (2.), suédé (cuir). || Chaussures en veau (→ Sensible, cit. 3).« Livres (1. Livre, cit. 6) vêtus de veau », reliés (cit. 6) en veau.Reliure en veau. Fig. || « Le scandale est de mode, il se relie en veau » (→ Fortune, cit. 27).
(1832). Vx. Argot milit. Sac (du soldat). → Vache.
4 (1538). || Veau de mer (vx), veau marin (1. Marin, cit. 2). Phoque.
———
II Fig.
1 (1480). Fam. Personne niaise, paresseuse; ou encore, indolente et veule. || C'est un jeune veau. || De grands veaux (ital. vitellone).
4 Il entassait manuscrits sur manuscrits pour prouver à ses confrères de la Société d'Agriculture que M. Cadet de Vaux était un âne et M. Rougier de la Bergerie un veau (…)
G. Sand, Histoire de ma vie, III, IV.
5 Un garçon de vingt-quatre ans qui ne fiche rien !… pas seulement l'étoffe d'une petite crapule ! rien, du vent, du vide… Regardez-moi ce grand veau.
M. Aymé, Travelingue, X.
6 Le premier des Français (le général de Gaulle) confie à l'un de ses interlocuteurs que les Français sont des veaux.
Daninos, le Major tricolore (1969), in Gilbert, Dict. des mots contemporains.
2 (1901). Mauvais cheval de course. || « On a le droit de traiter les chevaux de “veaux” s'ils vous déçoivent, de “morts” quand ils ne sont pas à la hauteur de leurs promesses, de “chiens” quand ils ne méritent que la boucherie » (le Point, 13 mai 1974, in Gilbert).
3 a (1917). Cour. Automobile peu nerveuse. || Sa voiture est luxueuse, mais c'est un veau, elle n'a aucune reprise. || « L'avenir de l'automobile ? Des “veaux” qui rouleraient à l'essence ordinaire, plus lourds, plus lents, plus chers ? » (Paris-Match, 7 oct. 1972).
b Bateau sans qualités de vitesse.Bateau à voiles qui remonte mal au vent, qui est mou.
7 (…) le Pointu méridional est un « veau » à la voile mais fait un bateau à moteur de promenade et de pêche, léger, marin et économique.
J. Giordan, le Yachting, p. 62.
———
III Régional.
1 Partie d'un champ mal labourée; partie où le blé n'a pas poussé.
2 (Belgique). || Veaux de mars : giboulées.
3 Techn. Chute, déchet de matière.
DÉR. V. Vêler, vélin.
HOM. 1. Vau, 2. vau, vaux (plur. de val), vos; formes du v. valoir.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • veau — nm. (jusqu au 6 mois) : VÉ (Aime VAU, Albanais 001b PPA anc., Andilly, Arbusigny, Ballaison, Balme Sillingy., Bellevaux, Beaufort, Biot, Bonneville, Bozel, Chamonix, Châtel, Chavanod, Clermont, Cordon, Douvaine, Évian, Frangy, Juvigny, Larringes …   Dictionnaire Français-Savoyard


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